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Troisième époque :
le Penish Band Folk Blues


Le Penish Band en version presque théâtrale

 


Ah ! Il fallait oser...

 

C'est l'arrivée de Gérard, à la fin des années 70, qui fait basculer petit à petit le Penish Band vers des horizons de plus en plus bleus.

Le blues, pour Penish Band, ce n'est pas seulement une affaire de style musical. C'est un style de vie. Amour, amitié, musique, bière, déconnage au xième degré, sens de la dérision et de la provocation... Mélangez tout ça dans des quantités inversement proportionnelles à la beauferie et au sarkozisme, et vous aurez une petite idée du "blues selon Penish Band".

Les morceaux se teintent progressivement de ce bleu penish. Les standards "Salty dog blues" et "Crazy words - Crazy tune" s'offrent des paroles nouvelles, et s'intitulent désormais "Mobylette Blues" et "Budadillo dog". Des morceaux des années 30-50 sont relookés, et deviennent des incontournables du groupe, comme "Les poules" ou "Hawaii" empruntés à Slim Gaillard et à Gowan's Rhapsody Makers. De cette époque vient que le groupe ne monte jamais sur scène sans à ses côtés une poule mâle, ou à défaut un coq. Des parodies, comme celle de "La Complainte du gars qu'avait pas d'chance", sont écrites. Déguisements et présentations décalées des morceaux prennent toute leur importance.


Pendant ces dernières années de la décennie 70, Marc remplace Sab à la basse. Boule, Jako et Néné abandonnent la partie. Le groupe tourne plusieurs années à 5, puis à 4 lorsque Moumousse part à Bordeaux. Gilles prend alors la place de Marc comme bassiste.

Le groupe joue ainsi à 4 (Titi, Didier, Gilles et Gérard) jusqu'en juin 1980, date à laquelle Gérard part à St-Denis et où le groupe se dissout... provisoirement.

 
Marc et sa basse
"Paul Mac Cartney"
Le groupe dans sa version
finale... provisoire :
Titi, Gilles, Gérard et Didier
A Courlay, festival en plein air,
tout le parfum des
années peace & love écolos
Une des dernières répètes
à Rigal

Comme pour ses premières parties, le Penish Band a toujours tenu à maîtriser autant que possible sa communication auprès des médias et des organisateurs. Différents modèles de présentation du groupe et d'articles de presse, fausses interviews et photos, sont toujours envoyés ici ou là. En général, le contenu provoque au moins attention ou septicisme, sentiments que le groupe prend un malin plaisir à susciter. Et dans "susciter" il y a "citer", n'est-il point ?...


Interview de Jacques Chancel

Grâce soit rendue au Camembert

Entretien à la revue Pyjama

"4 pages" de 1980 Articles de presse


Le mélange "sérieux musical" et "dérision" fonctionne plutôt bien avec le public...

Pourtant, le dimanche 1er mai 1980, le Penish Band vit un événement sans précédent : il est censuré !

Invités par les responsables du Foyer des Jeunes Travailleurs de Mauléon, qui les ont déjà vus lors de précédents concerts, et qui organisent une soirée spectacle au profit de pays du tiers-monde, les musiciens arrivent en début d'après-midi. Là, ils apprennent que la Municipalité a interdit le spectacle. Quelques jours auparavant, les organisateurs ont reçu la pseudo interview du Penish Band par Jacques Chancel pour faire leur pub dans la presse locale. La lecture de ce texte permettra à chacun de se faire une idée de la pensée dominante en Mauléonnais à cette époque... Il convient de préciser que, dans ce nord-ouest des Deux-Sèvres, on est en plein pays chouan, et que la religion catholique traditionnaliste y est très influente. De plus, le Maire est, depuis 1965, le Docteur Louis Fruchard, Conseiller Général et futur premier Président du Conseil Régional. Ah ! Mais, c'est qu'on ne badine pas avec les us et coutumes et la bienséance historique, à Mauléon.

Les jeunes et leurs familles, dans les jours qui suivent, organisent une pétition contre cette décision. Ils assistent à un Conseil Municipal au cours duquel, sous la pression, la décision est prise d'envoyer une délégation officielle au prochain spectacle du groupe, qui doit avoir lieu au Théâtre de Bressuire.

L'adjoint au Maire se verra ce jour-là dédicacer tout spécialement "Y'é perdu mon puc'lagh' en allant à la fouère de Parthenay"...

Depuis, Penish Band n'a toujours pas eu l'heur de plaire à Mauléon !

 






Quelques morceaux ou extraits enregistrés sur scène :

La complainte du gars qu'avait pas d'chance (présentation et extrait)
La rame
Mobylette Blues
Hawaii
Les poules
Budadillo Dog (enregistré au Confort Moderne à Poitiers)

       
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